Les pénitents

Le saviez-vous ? Qu'est-ce qu’une confrérie de pénitents ? Venez à la rencontre des pénitents de Martigues et joignez-vous à eux le temps d'une lecture.

Les confréries trouvent leur origine au XIIIe siècle en Italie, à Gênes. Elles se sont ensuite multipliées dans toute l’Europe, atteignant ainsi leur apogée au cours du XVIIe siècle.

Ces associations religieuses de fraternité volontaire sont composées de fidèles laïcs ne prononçant pas de vœux et ne faisant donc pas partie du clergé. L'entrée dans la confrérie est certes fondée sur le libre choix mais elle est, malgré tout, soumise à l'approbation de l'assemblée des confrères. Les principaux dirigeants, prieurs ou recteurs, sont élus par les membres à la majorité absolue. Ces confréries sont parfois ouvertes aux femmes et d’autres exclusivement féminines.

Les pénitents disposaient de chapelles privées (les « casettes », ou « gazettes », termes provençaux) pour lesquelles ils payaient un droit d'entrée et une cotisation annuelle. Ils pratiquaient aussi la charité par l’aumône, recevaient des dons et quêtes des fidèles, ce qui contribuait fortement à l'entretien de leurs chapelles.

Les confréries de pénitents sont une des branches des confréries dites « de dévotion ». Elles témoignent d’une volonté d'émulation spirituelle tendant vers un idéal religieux et un chemin de foi personnel. Pour le cas particulier des confréries de pénitents, l'accent spirituel est mis sur la pénitence, c'est-à-dire la demande de pardon à Dieu et de réparation pour le péché. Elles prennent aussi la forme d’une société d'entraide entre les confrères et envers les plus démunis.

Leurs actions étaient intimement liées à la maladie et à la mort. En effet, ils portaient en terre leur confrères, ensevelissaient gratuitement les pauvres, les indigents et les suppliciés. Ils priaient également pour le repos des morts en faisant célébrer des messes pour le salut de leur âme.

Il existe en France encore plus de 150 confréries situées essentiellement autour de l’arc méditerranéen (Nice, Toulon, La Ciotat, Montpellier, Perpignan, Avignon, Carpentras, Corse) ainsi que dans d'autres régions (Auvergne, Savoie).

Cependant c'est en Italie et en Espagne qu’elles sont encore les plus actives.

Ces associations caritatives sont toujours soumises, en France, au droit canonique et au droit civil, via la loi 1901.

Les confréries de pénitents à Martigues

À Ferrières se trouvaient les pénitents bleus, sous le titre Notre-Dame de Pitié. Seule subsiste une partie de leur chapelle, rue Denfert, aujourd’hui occupée en partie par la cinémathèque Gnidzaz.

Dans L’Île, il y avait plusieurs confréries : les Cinq Plaies de notre Seigneur sur le plan Meyran et celle des pénitents blancs, sous le vocable de Sainte-Catherine d'Alexandrie.

De gauche à droite :

  • la tour de l’Horloge (ou clocher-porche), située en face de l’église de la Madeleine, le canal et le pont Saint-Sébastien
  • une sède avec la chapelle Sainte-Catherine (chapelle des pénitents blancs de L’Île)
  • le Pontet enjambant le canal de Vauroux puis une sède avec le plan de Meyran et sa croix, ainsi que la prud’homie (au drapeau blanc rayé avec trois armes)
  • le canal et le pont du Roi et, pour finir, les remparts de Jonquières.

 
À Jonquières, la confrérie des pénitents blancs, apparue à la fin du XVIe siècle et dédiée à Notre-Dame de l’Annonciade .

Elle semble succéder à une confrérie antérieure du même nom.

La chapelle de la confrérie des pénitents blancs de l'Annonciade est le seul édifice intégralement conservé.

Voué à l'origine à l’Annonciation, c’était un lieu de culte privé se démarquant de l’église paroissiale.

Elle est aujourd’hui sous la juridiction du diocèse d’Aix-en-Provence et accueille ponctuellement des cérémonies religieuses.

Classée monument historique, sa conservation et sa valorisation sont désormais assurées par le service Ville d’art et d’histoire.

Les attributs des Pénitents

Revêtus d'une grande robe appelée sac (ou froc), ceinte d’une simple corde, où est parfois accroché un chapelet ou une croix, les confrères ont le visage caché par une cagoule qui préserve leur identité.

La tenue, identique pour tous, gomme le statut social et fait en sorte que l’individu, en signe d’humilité, s’efface au bénéfice de l’action commune.

Il existe différentes couleurs de robes (gris, noir, bleu, rouge et blanc) qui s’accordent aux diverses vocations présentes dans la ville.

Ainsi, la robe blanche des pénitents blancs rappelle la pureté, elle montre la dévotion à la Vierge Marie, déjà très présente avant la Contre-Réforme et accentuée au XVIIe siècle.

Les pénitents portaient divers objets durant les processions : en tête de cortège,

  • une croix éclairée par des falots,
  • grandes lanternes alimentées par une bougie,
  • des bâtons de bois terminés par une sculpture en plâtre peinte en bleu et doré, symbolisant la transmission du pouvoir.

Si l’on y ajoute les chants et psalmodies, l’ensemble offrait un spectacle sans doute impressionnant !

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