Construction de Paradis Saint-Roch

La naissance de la ZAC (zone d'aménagement concerté) de Paradis Saint Roch s’explique en partie par la poussée de Fos et des industries qui impliquent une forte demande de logements. Le terme « Paradis » désigne généralement un lieu situé au-delà d’un cimetière. L’ancien cimetière du quartier de Ferrières était effectivement localisé au commencement du chemin de Paradis vers le bâtiment actuel de la Sécurité sociale.  

A l’origine de son appellation

Le terme « Paradis » désigne généralement un lieu situé au-delà d’un cimetière.

L’ancien cimetière du quartier de Ferrières était effectivement localisé au commencement du chemin de Paradis vers le bâtiment actuel de la Sécurité sociale.  

« Saint Roch » rappelle l’oratoire érigé « à une distance considérable du quartier de Ferrières » sur le chemin de Paradis. Saint Roch est né à Montpellier en 1350. Au contact des pestiférés, il attrapa la terrible maladie.

Il se retira alors dans une forêt où un chien lui apportait chaque jour un pain, dérobé à la table de son maître. Il sera canonisé au XVIIème siècle.

On représente Saint Roch en pèlerin, barbu, avec chapeau, pèlerine, bourdon, gourde et panetière.

Il est accompagné d’un chien avec un pain dans sa gueule. Son chapeau et son manteau peuvent porter la coquille de Saint Jacques, puisqu’en effet il va revêtir l'habit de pèlerin pour se diriger vers Rome où il séjourne de 1368 à 1371 environ.

Le plus souvent le Saint laisse apparaître un bubon de peste à la cuisse.

A l’origine du quartier

La naissance de la ZAC de Paradis Saint Roch s’explique en partie par la poussée de Fos et des industries qui impliquent une forte demande de logements. Dès 1962, le quartier de Paradis Saint Roch fait l’objet d’études. Le quartier présente un intérêt urbanistique : limitrophe du quartier nord de Martigues (ses limites naturelles ou créées lui ont conféré la forme particulière d’un triangle), faible densité des constructions existantes et son emplacement à mi – chemin entre Notre Dame des Marins, Canto Perdrix et le centre ancien.

 Dès 1963, des contacts eurent lieu avec les différents propriétaires de parcelles et en 1964, le Conseil Municipal se rendant compte de la situation, décida d’entamer des procédures administratives sur cette zone. La commune réunit alors les différents propriétaires et promoteurs semi – publics et privés, afin de leur demander de répondre à leurs projets et de se conformer aux différentes étapes de la réalisation. Ce qui fut accepté par l’ensemble des participants. Une convention est passée entre la ville et les promoteurs pour la participation à la création d’équipements collectifs. La ville elle- même est promoteur par l’intermédiaire de la SEMAVIM. Après 1968 la ville demande la création d’une ZAC. Le dossier de création est approuvé en 1970. La société HLM SAMOPOR réalise 2 programmes à la demande de la Municipalité et de la SOLMER. La SEMIVIM reçois le droit d’aménager en attendant la création de SEMAVIM en 1973. Elles sont toutes les deux créées avec des capitaux de la commune et une participation de la SONACOTRA et la société HLM LOGIREM. Un dernier constructeur la SADEC vient compléter le dispositif.

En 1962, la ville acquit 9 hectares de réserves foncières, utilisé en parie pour la construction du bâtiment test (Moulin de France) et pour l’autoroute. Le périmètre de la ZAC représente 36 hectares (limitée au nord par la RN 538, à l’ouest par le talus de l’autoroute A 55 Marseille – Fos, au Sud par le Boulevard maritime Martigues – Port de Bouc longeant le chenal de Caronte, à l’est par une voie Nord – Sud liant la voie de la ZAC au chemin de Paradis).

Sur ces 36 hectares, 28 sont réservés à la construction de logements, d’équipements sociaux culturels et commerciaux, 2,2 hectares dont occupés par la zone verte, 3,2 par des installations sportives, 1, 6 pour le groupe scolaire et enfin 1, 5 représentent une réserve foncière pour la création d’un équipement public de niveau communal.

Les Architectes sont Delaugère et Manolakakis.

Le quartier

Le quartier de paradis Saint Roch se construit peu de temps après le quartier de Notre Dame des Marins. Sur un ensemble de 1500 logements, un quart sont en co – propriété, répartis en plusieurs groupes de petites tailles.

Ici des variations systématiques de hauteur, de volumétrie et de couleur suggèrent une architecture combinatoire, avec la découpe circulaire des parois des loggias, un motif qui fait référence à la géométrie bien connue des peintures de Vasarely. L’échelle de ces cercles est utile pour donner une image forte à l’architecture.

Les différents espaces

On observe une séparation des voitures et des piétons sur la zone. La circulation des voitures est telle que la quasi totalité de la zone est libérée de voirie.

Une voie boucle la ZAC à l’extérieur et dessert successivement la totalité des parkings en plein air situés en périphérie.

1500 logements se répartissent dans 6 quartiers :

1. Le bâtiment test « Moulin de France » :

Le bâtiment test a été réalisé par la SEMIVIM. Il se situe en partie haute du quartier. Lorsqu’il est édifié en 1968, le « Moulin de France », dessiné par les architectes Delaugerre et Manolakakis. Il est composé de 61 logements en accession à la propriété.

Le système de construction est traditionnel, il s’agit d’une structure en béton avec voile porteur et remplissage en aggloméré. Ce bâtiment à caractère expérimental a été l’objet d’une recherche particulière de qualité architecturale. Il présente une diversité du plan des cellules (61 plans différents), une superficie importante d’espaces collectifs de transitions et d’espaces extérieurs privatifs. Le bâtiment est un assemblage d’individuels groupés avec un petit jardin, de semi – collectifs en duplexe et de cellules de type collectif. Deux ailes basses de 2 à 3 niveaux s’organisent orthogonalement autours d’une tour de 12 niveaux. La première occupation date de 1969.

2. Le quartier du Canal

Ce quartier a été réalisé par la SEMIVIM. Il est composé de 293 logements, avec 180 logements destinés à la location et 113 logements en accession à la propriété (bâtiments SD3, SD4, SD7, SD8).

3. Le quartier de Moulin de France

Le quartier Moulin de France au Nord Ouest de la zone a été réalisé par la SAMOPOR (pour un programme demandé par la SOLMER). Il est constitué par 180 logements locatifs HLM. Les bâtiments ont été livrés en février 1974.

4. Le Coteau à l’est

Le Côteau a été réalisé par la SAMOPOR pour un programme demandé par la ville. Il est constitué de 177 logements locatifs HLM livrés en février 1974.

5. Paradis Saint Roch

Paradis Saint-Roch au centre de la zone, comprend 440 logements en locatif et 300 chambres pour célibataire en foyer hôtel (bâtiment C1, C2, C7) a été mis en œuvre par la SEFIMEG.

6. Le quartier des Asphodèles au Nord–Ouest

Le quartier des Asphodèles, comprend 100 logements en accession à la propriété a été mis en œuvre par SOFAP.

Paradis Parc a été réalisé par la SADEC, société coopérative de construction. Il est composé de 150 logements en accession à la propriété. Les bâtiments ne sont pas très élevés, au maximum 6 niveaux. Chaque pallier dessert 2 cellules. Le séjour ouvre sur une loggia.

Les équipements

Parmi les équipements de la ZAC il faut noter des équipements scolaires, sociaux culturels, des équipements commerciaux, administratifs et sportifs.

Le groupe scolaire Lucien Toulmond scolaire, livré en 1974 est implanté au centre de la ZAC.

Un espace commercial de 2200 m2 est implanté au niveau de la place centrale.

On trouve dans le quartier différents services et des commerces de proximité.

Paradis Saint Roch, par sa population est le second quartier d’habitation de Martigues, après Notre Dame des Marins. Paradis Saint Roch est visible, présent fortement dans le panorama, comme paysage clé. Il s’impose quand on suit le viaduc vers le nord, du haut d’un véritable balcon qui en découvre la totalité. Intrigant, d’ailleurs par ce qu’il montre : un jeu de modules construits dans un apparent désordre, des couleurs variées et des ouverture rectangulaires ou circulaires, utilisées dans leurs combinaisons diverses. Sorte de recherche de la complexité et qu’il faut bien s’essayer à déchiffrer.